Mercredi 13 octobre 2010
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C’est marrant comme parfois on sent les choses mais qu’on en prend conscience qu’au moment où on les
prononce lors d’une conversation…
Depuis mon premier jour en terre ni-van je n’ai de cesse de vanter la gentillesse des gens ici et la
facilité à vivre dans ce pays. Mais à présent, je sais ce qui me plaît tant chez ces Mélanésiens… C’est leur légèreté. Il m’aura fallu du temps pour trouver les mots exacts mais maintenant j’en
suis sûre c’est ça qui fait que j’aime tant l’ambiance de cet archipel.
LEGERETE, INNOCENCE, SIMPLICITE, CANDEUR, AISANCE A RIGOLER… et autres termes analogues ! C’est ça,
c’est donc ça ! Et cette prise de conscience, j’en conviens, un peu naïve, me permet d’écrire un nouvel article (devenus de plus en plus sporadiques, c’est vrai). Soit dit en passant, à
votre tour aussi d’écrire des commentaires plutôt que d’envoyer des mails perso. Faites-nous rire sur le blog !!! Faites-moi rire !!!
Donc, pour en revenir à nos moutons… L’amusement semble la règle du Vanuatu ! Une cour d’école grandeur
nature, en fait.
C’est sans doute parce que c’est flagrant qu’on n’en prend pas conscience tout de suite. A moins… qu’il n’y
ait que moi qui met du temps à voir les choses ; il faudra que j’en discute avec les copains d’ici.
On oublie les conventions ou du moins nos codes européens.
Alors voilà :
On peut voir un chef de famille, responsable de femme et enfants, s’accrocher à une corde pour sauter tête
la première, bras écartés dans un trou bleu d’eau douce, courir sur la plage pour plonger dans les vagues ou encore la tête pleine de shampooing sortir d’une rivière… On est bien loin du bon père
de famille français, pull autour du cou et chaussures cirées remplies de sable, en balade dominicale sur la plage de la Baule.
Ou encore, ces femmes, allongées sur la pelouse ou assises dans le caniveau, island-dress retroussées aux
genoux et chaussures en plastique aux pieds riant aux éclats entre elles. Incomparables à ces femmes « pincées » en tailleurs et talons hauts faisant la grimace à la vue d’une flaque
d’eau boueuse difficile à traverser.
De même, en ouvrant un compte bancaire à Vila, vous vous ferez
appeler par votre prénom dès la première rencontre. « Voilà Anne, votre compte est ouvert ; vous pourrez venir chercher votre chéquier la semaine prochaine, Anne… » Autre exemple
rigolo : lorsque je suis allée aux bureaux de la compagnie aérienne du pays pour acheter mon billet d’avion pour mes vacances françaises de décembre, à l’hôtesse de me dire lorsque j’ai
sorti mon chéquier :
« - Vous payez aujourd’hui ????? »
- Oui ! non ?! il faut bien, non ?… » et elle de me rétorquer
- C’est comme vous voulez mais vous ne partez que dans 2 mois, vous pouvez revenir plus tard pour payer, pas d’souci »
Alors qu’en France on vous menace de ne garder la réservation que 24 heures sans paiement sous peine de se
voir obliger d’aller chercher ailleurs. Il semblerait qu’ici les esprits connaissent plus la patience… ou plutôt la confiance.
Cette façon qu’ils ont de faire coucou (de grands gestes ou pouce en l’air ou main à la tête…), de rigoler,
cette difficulté à leur donner un âge… Leurs tenues vestimentaires aussi quand, par exemple, un homme d’importance (chef de village ou autre) n’a aucune gêne à porter des crocs roses aux pieds…
Leur façon de se tenir (assis sur le bord de la route, allongés sous les arbres…)
De grands enfants ! Juste comme j’aime ! Pour une fois que je me sens un peu moins immature, ça
fait du bien !
Et ce concert de Louis Bertignac, sans service d’ordre (évidemment !), où les flics débarquent à 22h
parce qu’il est de règle, à cette heure de la nuit, de cesser le bruit, et au ministre de l’intérieur (dansant dans la foule, cela va d’soi) de seulement prononcer les mots « Je bénis ce
concert » pour que les hommes encasquettés fassent demi-tour et que la fête continue.
Finalement… l’expérience du Vanuatu, toute enrichissante qu’elle soit, me fera-t-elle vraiment
grandir ?!